Crédit photo: Chil Vera de Pixabay
- La difficulté du pardon
- Mais au fait… c’est quoi le pardon ???
- Comment réussir à pardonner ?
- J’ai pardonné… et après ?
La difficulté du pardon
Combien de fois ai-je entendu dire « pardonne lui », « pardonne toi » … ?!
Dans la culture judéo-chrétienne, le pardon est un prérequis pour gagner le pardon de Dieu et accéder au paradis…
« Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes » (Mt 18, 14-15)
Dans une démarche de développement spirituel, à ce qu’il paraît le pardon fait partie des étapes obligatoires pour accéder à la liberté, l’Amour Inconditionnel et évoluer dans sa spiritualité.
Alors, honnêtement, s’il peut être « facile » de se pardonner à soi-même (quoique…), comment réussir à pardonner à celui ou celle qui nous a fait du mal, à celui ou celle qui a été notre bourreau ?
Que l’on parle d’un aimé aimé qui nous trahis, d’un inconscient qui prend le volant ivre et tue notre enfant, que l’on parle de celui qui pour diverses raison viole, que l’on parle du parent tortionnaire ou tout simplement défaillant, etc… Que ces actes aient été prémédités ou ne soient que le fruit du destin… Comment réussir à pardonner ces comportements ? Cela peut être plus facile à faire quand la personne qui a fait du mal montre une prise de conscience et de repentir, fait preuve d’empathie, mais quid du « tortionnaire » qui ne reconnaît pas ses actes et ne se remet pas en question ? Pardonner peut alors paraître une torture bien pire que la blessure qui a été infligée…
Mais au fait… c’est quoi le pardon ???
Bien souvent le pardon est confondu avec le fait d’oublier ce qui a été fait, de continuer de vivre en faisant comme si rien ne s’était passé et là je suis d’accord avec vous, cela n’est ni concevable, ni acceptable, car cela revient à oublier et/ou nier une part de Soi et entretenir la blessure vécue.
Selon le Larousse, le « pardon » se définit comme suit :
- Fait de ne pas tenir rigueur d’une faute ; rémission d’une offense : Accorder son pardon.
- Absolution du péché par un prêtre après la confession.
- Formule de l’absolution.
- Indulgence qui était accordée le jour où l’on célébrait la mémoire du saint patron de la paroisse ; fête religieuse, pèlerinage, etc., destinés à célébrer cet événement. »
Selon l’église catholique, le pardon se définit comme « ne pas garder ressentiment ni tirer vengeance pour une offense faite, une faute commise. » (La Croix)
Comment réussir à pardonner ?
Je pense, que cela relève d’un parcours de travail sur Soi et de compréhension de ce qu’est vraiment le pardon.
Cela commence, dans un 1er temps, à prendre conscience de la situation qui nous fait souffrir et à en sortir physiquement, mette un terme aux violences/offenses subies et mettre en place la réponse adaptée en fonction des actes vécus (dépôt de plainte par exemple). Accepter que ce qui s’est passé, s’est passé, prendre conscience de sa réalité mais aussi prendre conscience de la responsabilité de chacun dans la situation (non ! un enfant battu n’est pas coupable de la violence qu’il a subi, même si il a fait des bêtise, il ne sera responsable que des conséquences de sa bêtise et non des croyances éducatives de ses parents ou de leur incapacité à gérer leur colère).
C’est aussi accepter la colère que l’on ressent face à son bourreau, l’exprimer, la vivre, et comprendre que cette colère n’est ni vengeance ni destructrice, elle n’est qu’une émotion primitive nécessaire à notre survie car c’est elle qui permet de préparer le corps et l’esprit à affronter l’attaque qui arrive. Toutefois la colère saine n’est qu’une réaction face à une situation de danger, et non vengeance ou violence. Elle est constructive et non destructrice. De plus, il peut être difficile, voire impossible d’adresser cette colère directement à la personne responsable des abus subits, cependant il existe différentes techniques qui permettent de le faire, au moins d’une manière symbolique.
Accepter le droit à l’erreur, comprendre celui qui nous a fait souffrir fait aussi partie du processus, cela n’excuse pas ce qui a été fait, mais permet bien souvent de réaliser qu’il n’avait pas les moyens de faire autrement car trop pris dans ses croyances limitantes, manque de connaissances, défaillance neurologique, etc.
Par contre comprendre celui qui a blessé n’est pas suffisant. Il faut ensuite travailler sur Soi pour se libérer et transformer cette douleur. Choisissions-nous de nous en servir pour alimenter notre force ? Ou choisissons-nous de nous laisser dominer et écraser par elle ?
J’ai pardonné… et après ?
Reste la dernière question de savoir si ce processus du « pardon » amène à continuer de vivre dans la même situation ou avec les personnes qui nous ont blessé ? Tout dépend du choix de chacun, mais aussi surtout de notre capacité à nous respecter nous-même et donc des limites et de la tolérance que nous sommes capables de mettre en place pour nous respecter, nous estimer, nous aimer et nous protéger nous-même.
Car pour ma part, pardonner ne veut pas dire faire comme si rien ne s’était passé et oublier le passé, mais dépasser et me libérer de la souffrance vécue en faisant preuve de résilience, autrement dit vivre avec et tirer les enseignements nécessaires pour continuer d’avancer et grandir sur mon chemin, quitte à m’éloigner de ceux qui ne me respectent pas.

Héléna Félix, Éveilleuse d’Âmes
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